Zurich, le 17 décembre 2025 – À peine un an après l'entrée en vigueur de la nouvelle loi climat, le Conseil fédéral proposait des coupes massives dans le domaine climatique avec le «paquet d'allègements budgétaires 27». Cette proposition réduisait les fonds fédéraux dédiés à la protection du climat de 400 millions de francs par an. L'Association suisse pour la protection du climat salue la correction apportée par le Conseil des États qui atténue les coupes par rapport à la première proposition désastreuse. La balle est désormais dans le camp du Conseil national. Des améliorations sont encore nécessaires, sans quoi l’Association suisse pour la protection du climat envisagera un référendum contre les coupes budgétaires dans la protection du climat.
En 2023, 59,1 % de la population a dit OUI à la loi climat, et donc OUI à une accélération de la protection du climat en Suisse. Aujourd'hui encore, le climat occupe la deuxième place dans le baromètre des préoccupations de l'UBS, et de nombreuses personnes s'inquiètent face à la progression du réchauffement climatique. De plus, le vice-directeur de l'Office fédéral de l'environnement, Reto Burkard, a récemment averti que la Suisse va manquer de manière significative ses objectifs climatiques. Malgré cette situation critique, le Conseil fédéral a voulu économiser 400 millions de francs par an dans la protection du climat en supprimant les fonds fédéraux destinés au programme Bâtiments. Sans ces fonds, la sortie du pétrole, du gaz et du charbon serait retardée davantage.
Le Conseil des États soutient désormais une proposition permettant d'éviter au moins une partie des coupes budgétaires. Il s'agit là d'un premier pas. Celui-ci a été rendu possible notamment grâce aux plus de 12’000 personnes ayant fait pression sur le Conseil des États par le biais d'une lettre ouverte de l'Association suisse pour la protection du climat. Mais cela ne suffit pas : il appartient désormais au Conseil national d'empêcher totalement les coupes budgétaires liées au climat lors de la session de printemps.
Un choix incohérent : ces coupes fédérales sont infondées d’un point de vue économique. Une étude récemment publiée par EBP Suisse montre que chaque franc investi dans la promotion génère une valeur ajoutée multiple. Les assainissements énergétiques sont un bénéfice pour le climat ainsi que pour l’économie et donc pour le budget fédéral. Chaque franc d’investissement supprimé aurait par conséquent un impact négatif sur notre budget global.
De plus, c’est clair : les fonds issus de la loi climat, approuvés par la population en 2023, ont toujours été conçus comme des moyens supplémentaires, en plus des instruments existants comme le programme Bâtiments. Les deux sont indispensables pour atteindre réellement nos objectifs. Pour remplacer les plus de 930’000 chauffages fossiles encore en service en Suisse, le programme Bâtiments est absolument nécessaire.
Ces coupes proposées dans le paquet d'allègements font partie d'un blocage climatique général par la Confédération. Le conseiller fédéral Rösti fait tout pour retarder, bloquer et saper la protection du climat décidée par le peuple. Lors de la session de printemps, il appartiendra désormais au Conseil national de rectifier la décision du Conseil des États et de maintenir l’entier du budget du programme Bâtiments, s’il veut enfin faire avancer la protection du climat. En cas de coupes des fonds fédéraux du programme Bâtiments, l'Association suisse pour la protection du climat envisagera de lancer un référendum.
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